vendredi 18 août 2017

U Urologie

Nouveaux traitements de la dysfonction érectile : vers la fin du Viagra ?

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Les ondes de choc


La technique, validée par de nombreuses études cliniques et par l’Association Européenne d’Urologie, consiste à envoyer des ondes de choc à travers la peau afin de stimuler les tissus érectiles et créer une nouvelle vascularisation. Le traitement est indolore et non invasif et vise à régénérer les vaisseaux sanguins des corps caverneux en stimulant la production de facteurs de croissance créant ainsi une véritable néo-angiogenèse. Plusieurs séances d’ondes de choc semblent nécessaires afin d’obtenir un effet persistant (supérieur à 12 mois). Il s’agit d’un nouvel espoir pour les patients vasculaires et diabétiques souffrant de dysfonction érectile organique et habituellement non répondeur aux IPDE5. Il n’y a pas d’effets secondaires ni de contre-indication car les ondes de choc émises à chaque séance sont de faible intensité .Il ne s’agit pas de détruire (comme dans l’utilisation des ondes de choc pour les calculs urinaires, ou pour la plaque de fibrose dans la maladie de Lapeyronie)  mais de stimuler la production de nouveaux vaisseaux.

 

Figure 1 : effets cliniques des ondes de choc


La greffe de cellules souches 


Une équipe française vient de publier dans le journal European Urology, les premiers résultats encourageants de l’injection de cellules souches chez douze patients souffrant de troubles sévères de l’érection persistants deux ans après prostatectomie radicale et jugés irréversibles en dépit d’un traitement médical maximum (injections de prostaglandines + IPDE5).

Après ablation totale de la prostate pour cancer (prostatectomie radicale) apparaît fréquemment des troubles de l’érection. Ceci est la conséquence de lésions des vaisseaux et des nerfs du pénis qui sont normalement accolés aux faces latérales de la prostate entrainant une apoptose des tissus érectiles responsable parfois d’une véritable rétraction de la verge.

Ce sont bien ces lésions que l’injection de cellules souches dans le pénis essaie de réparer. Il s’agit de prélever les propres cellules souches de ces patients dans leur moelle osseuse, au niveau de la hanche, et de les réinjecter dans le pénis. On parle de greffe autologue ; le patient reçoit ses propres cellules.

 Les cellules souches sont des cellules ayant la capacité de donner naissance aux cellules du tissu dans lequel elles se trouvent, de se multiplier, et, en cas de lésion tissulaire, de pouvoir réparer le tissu lésé en donnant naissance à de nouvelles cellules. Ainsi, les cellules souches injectées dans le pénis des patients peuvent donc participer à la réparation du tissu pénien abîmé et sécréter des facteurs favorisant la régénération des nerfs et des vaisseaux lésés.

Une nette amélioration de leur qualité de vie (satisfaction globale des rapports sexuels, qualité de l’orgasme, rigidité du pénis) a été constatée six mois après l’injection et elle s’est maintenue au moins un an. Ces résultats sont prometteurs mais nécessite d’être reproduits sur une plus grande population de patients .


Figure 2 : étapes de l’injection de cellules souches

 

L’injection de plasma enrichi

Là encore, il s’agit d’une technique expérimentale qui s’intéresse à la médecine régénératrice. L’idée est de lutter contre le vieillissement sexuel en restituant une fonction érectile sans recourir aux médicaments. Elle consiste à prélever le propre sang du patient et à le centrifuger pour séparer le plasma riche en plaquettes (PRP) des autres composants. Ce PRP, riches en facteurs de croissance et autres substances capables de stimuler la régénération tissulaire est ensuite réinjecté immédiatement dans le pénis, sous anesthésie locale. S’agissant d’un matériau propre à chaque patient et non manipulé, le PRP est parfaitement toléré sur le plan immunologique et sans risque de rejet. Les premières études ont montré des résultats encourageants : les érections peuvent être restaurées après deux ou trois séances et un traitement d’entretien peut être institué pour prolonger les effets positifs. Ce traitement s’adresse pour l’instant à des patients atteints d’une dysfonction érectile sévère ne répondant pas aux traitements habituels mais devrait voir son utilisation se répandre de façon exponentielle en le proposant par exemple à titre préventif plus tôt dans la vie, dès les premières défaillances sexuelles.

Docteur Muhieddine Khodari
Chirurgien Urologue-Andrologue
Polyclinique mutualiste Malartic
203 chemin de Faveyrolles
83190 Ollioules

                                                                    

 

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